Lire une étiquette de produit protéiné
Déclaration nutritionnelle, liste des ingrédients, allergènes, portion, allégations : la méthode en cinq étapes pour savoir ce que vaut vraiment un produit protéiné.
Un emballage de produit protéiné met en avant un chiffre : « 20 g de protéines », « 30 % de protéines », « high protein ». L'étiquette contient pourtant tout ce qu'il faut pour juger. Voici une méthode en cinq étapes, avec ce que dit la réglementation.
1. La déclaration nutritionnelle, pour 100 g
Depuis le règlement (UE) n° 1169/2011, presque tous les aliments préemballés doivent afficher sept valeurs pour 100 g ou 100 ml : énergie, matières grasses, dont acides gras saturés, glucides, dont sucres, protéines et sel. Les fibres sont facultatives.
C'est la base de toute comparaison : seules les valeurs pour 100 g permettent de comparer deux produits de tailles différentes.
2. La portion, pour savoir ce qu'on mange vraiment
Les fabricants peuvent ajouter des valeurs par portion, à condition d'indiquer la taille de la portion. Une barre de 35 g « à 30 % de protéines » n'apporte que 10,5 g de protéines ; une dose de 30 g de whey à 75 % en apporte 22,5 g.
Sur Mes Protéines, chaque fiche donne les protéines pour 100 g et, quand nous la connaissons, par portion (pot, barre, dose).
3. Les protéines rapportées aux calories
Le chiffre le plus parlant n'est pas les grammes de protéines, mais la part de l'énergie qui vient des protéines : protéines × 4, divisé par les kcal. C'est sur ce calcul que reposent les allégations « source de protéines » (12 %) et « riche en protéines » (20 %), détaillées dans cette page.
Un exemple : deux barres affichent 20 g de protéines pour 100 g. L'une fait 350 kcal (23 % de l'énergie en protéines), l'autre 480 kcal (17 %). La première est nettement meilleure, même si la face avant dit la même chose.
4. La liste des ingrédients
Les ingrédients sont classés par ordre décroissant de poids au moment de la fabrication. Quelques repères :
- la source de protéines (lait, lactosérum, isolat de soja, pois…) doit apparaître parmi les premiers ingrédients ;
- un ingrédient mis en avant sur l'emballage (« au chocolat », « à la fraise ») doit avoir son pourcentage indiqué ;
- les additifs apparaissent avec leur fonction et leur nom ou leur code E (« édulcorant : sucralose ») ; voir les additifs des produits protéinés ;
- les arômes ne sont pas des additifs : « arôme naturel de vanille » et « arôme » ne disent pas la même chose.
Les allergènes (lait, soja, gluten, œufs, fruits à coque…) doivent être mis en évidence dans la liste, en gras ou en majuscules. Les mentions « peut contenir des traces de » sont volontaires et signalent un risque de contamination.
5. Les mentions et logos
- Nutri-Score : facultatif en France, il résume la qualité nutritionnelle globale de A à E. Il ne dit rien de la teneur en protéines prise isolément, d'où l'intérêt de le lire à côté de notre Score Protéines.
- « Sans sucres ajoutés » : aucun sucre ni ingrédient sucrant n'a été ajouté (règlement 1924/2006), mais le produit peut contenir des sucres naturellement présents, et des édulcorants.
- « Une consommation excessive peut avoir des effets laxatifs » : obligatoire quand le produit contient plus de 10 % de polyols ajoutés (maltitol, sorbitol, érythritol), fréquent dans les barres. Voir les édulcorants.
Le calcul que l'étiquette ne fait pas : le prix des protéines
L'étiquette donne le prix au kilo en magasin, pas le prix des protéines. Pour comparer un skyr, une poudre et une barre, nous calculons sur chaque fiche le prix des 20 g de protéines : prix au kilo × 2, divisé par les grammes de protéines pour 100 g. Une whey à 30 €/kg et 75 % de protéines revient à 0,80 € les 20 g ; un skyr à 4 €/kg et 10 % de protéines, à 0,80 € aussi.
Sources
- Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires (articles 9, 18, 21, 22 et annexes III, XIV, XV).
- Règlement (CE) n° 1924/2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé.
- Santé publique France, Nutri-Score : règlement d'usage.