Les édulcorants

Sucralose, acésulfame K, aspartame, stévia, polyols : pourquoi les produits protéinés en contiennent, ce que disent l'EFSA, le CIRC et l'OMS, et comment les repérer sur l'étiquette.

La plupart des poudres aromatisées, des barres et des yaourts protéinés « sans sucres ajoutés » sont sucrés avec des édulcorants. Ils permettent un goût sucré sans calories, mais leur place dans l'alimentation fait débat. Voici l'état des connaissances.

Deux grandes familles

Les édulcorants intenses ont un pouvoir sucrant des centaines de fois supérieur au sucre ; on en met donc très peu. Les plus fréquents dans notre base :

  • sucralose (E955), présent dans un très grand nombre de poudres protéinées ;
  • acésulfame K (E950), souvent associé au sucralose ;
  • aspartame (E951) ;
  • glycosides de stéviol (E960), extraits de la stévia.

Les polyols (maltitol E965, sorbitol E420, érythritol E968, xylitol E967) ont un pouvoir sucrant proche du sucre et apportent un peu de calories. On les trouve surtout dans les barres et les chocolats protéinés.

Ce que disent les évaluations officielles

Chaque édulcorant autorisé dans l'Union européenne a une dose journalière admissible (DJA) : la quantité qu'on peut consommer chaque jour, toute la vie, sans risque appréciable selon l'évaluation.

  • Aspartame : l'EFSA a confirmé en 2013 une DJA de 40 mg par kilo de poids par jour. En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) l'a classé « peut-être cancérogène pour l'homme » (groupe 2B), sur la base de preuves limitées ; le même mois, le comité d'experts FAO/OMS (JECFA) a maintenu la DJA de 40 mg/kg. Ces deux avis ne se contredisent pas : le CIRC évalue un danger potentiel, le JECFA le risque aux doses consommées.
  • Glycosides de stéviol : DJA de 4 mg par kilo, exprimée en équivalents stéviol (EFSA, 2010).
  • Sucralose et acésulfame K : autorisés de longue date, ils font partie du programme de réévaluation des édulcorants par l'EFSA.

Pour atteindre la DJA de l'aspartame, un adulte de 70 kg devrait en consommer 2,8 g par jour, soit l'équivalent de plusieurs litres de boisson light. Les produits protéinés en contiennent bien moins par portion.

La recommandation de l'OMS

En mai 2023, l'Organisation mondiale de la santé a publié une recommandation (conditionnelle) contre l'utilisation des édulcorants pour contrôler son poids : les études ne montrent pas de bénéfice à long terme sur la masse grasse chez l'adulte, et certaines associent leur consommation régulière à des risques cardio-métaboliques, sans pouvoir établir de lien de cause à effet. Cette recommandation ne concerne pas les personnes diabétiques.

Les polyols et l'inconfort digestif

Les polyols sont mal absorbés par l'intestin. En quantité, ils provoquent ballonnements et effets laxatifs. Le règlement (UE) n° 1169/2011 impose donc la mention « une consommation excessive peut avoir des effets laxatifs » dès que le produit contient plus de 10 % de polyols ajoutés. Si vous êtes sensible, regardez cette mention sur les barres « sans sucres ».

Comment nous les présentons

Sur chaque fiche, la carte « Transformation et additifs » liste les édulcorants avec leur nom en clair. Nous les classons en « risque limité » : autorisés et évalués, mais avec des débats scientifiques en cours et des effets digestifs pour les polyols. Ce niveau pèse sur le Score Santé, pas sur le Score Protéines. Voir aussi les additifs des produits protéinés.

Comment limiter sa consommation

  • Choisir des produits nature : whey sans arôme, skyr ou fromage blanc nature, à sucrer soi-même si besoin, avec un peu de fruit ou de miel.
  • Éviter de cumuler plusieurs produits édulcorés dans la journée.
  • Lire la liste des ingrédients : les édulcorants y figurent avec la mention « édulcorant », suivie de leur nom ou de leur code E.

Sources

  • EFSA, Scientific Opinion on the re-evaluation of aspartame (E 951) as a food additive, EFSA Journal 2013.
  • EFSA, Scientific Opinion on the safety of steviol glycosides for the proposed uses as a food additive, EFSA Journal 2010.
  • CIRC et JECFA, communiqué conjoint sur l'aspartame, juillet 2023.
  • OMS, Use of non-sugar sweeteners: WHO guideline, mai 2023.
  • Règlement (UE) n° 1169/2011, annexe III.