« Source » ou « riche » en protéines, ce que disent les étiquettes
Les allégations « source de protéines » et « riche en protéines » sont définies par le règlement européen 1924/2006. Ce qu'elles garantissent, et ce que « hyperprotéiné » ou « high protein » ne garantissent pas.
Sur un emballage, les mots « source de protéines » ou « riche en protéines » ne sont pas du marketing libre. Ce sont des allégations nutritionnelles encadrées par le droit européen, avec des seuils précis. D'autres formules, en revanche, n'ont aucune définition légale. Voici comment s'y retrouver.
Deux allégations définies par la loi
Le règlement (CE) n° 1924/2006 fixe la liste des allégations nutritionnelles autorisées en Europe et leurs conditions d'emploi. Pour les protéines, il en prévoit deux :
- « Source de protéines » : au moins 12 % de la valeur énergétique du produit est apportée par les protéines ;
- « Riche en protéines » : au moins 20 % de la valeur énergétique est apportée par les protéines.
Le calcul est simple : on multiplie les grammes de protéines pour 100 g par 4 (un gramme de protéines apporte 4 kcal), puis on divise par l'énergie totale pour 100 g.
Exemple : un granola qui contient 15 g de protéines et 450 kcal pour 100 g. Les protéines apportent 15 × 4 = 60 kcal, soit 13 % de l'énergie : il peut se dire « source de protéines », pas « riche ».
Autre exemple : un skyr nature à 10 g de protéines et 60 kcal pour 100 g. Les protéines représentent 40 kcal sur 60, soit 67 % de l'énergie : il est largement « riche en protéines ».
Pourquoi un seuil en pourcentage d'énergie ?
Un seuil en grammes favoriserait les produits très caloriques. Un biscuit à 12 g de protéines pour 100 g paraît mieux qu'un yaourt à 9 g, alors qu'il apporte cinq fois plus de calories. En rapportant les protéines à l'énergie, la règle européenne mesure si le produit apporte des protéines plutôt que des calories. C'est la même logique que la densité protéique utilisée par notre Score Protéines.
C'est aussi la règle d'entrée de Mes Protéines : un produit entre dans nos rayons s'il apporte au moins 12 % de son énergie sous forme de protéines, ou s'il se présente explicitement comme protéiné. Sur chaque fiche, l'étiquette « Source de protéines » ou « Riche en protéines » indique dans quelle tranche il se situe.
Les mots qui n'ont pas de définition
« Hyperprotéiné », « high protein », « protein+ », « enrichi en protéines » : aucune de ces formules ne figure dans le règlement 1924/2006 avec un seuil propre. Elles peuvent être utilisées comme nom commercial, mais ne garantissent rien de plus qu'une allégation autorisée. Certains produits vendus comme « protéinés » ne dépassent pas les 12 %.
Le seul moyen fiable de vérifier est la déclaration nutritionnelle, obligatoire depuis le règlement (UE) n° 1169/2011 : énergie, matières grasses, acides gras saturés, glucides, sucres, protéines et sel, pour 100 g ou 100 ml.
Allégation nutritionnelle ou allégation de santé ?
Les phrases du type « contribue au maintien de la masse musculaire » sont des allégations de santé, régies par le règlement (UE) n° 432/2012. Pour les protéines, celle-ci n'est autorisée que si le produit remplit au moins les conditions de « source de protéines ». Elle décrit un rôle général des protéines, pas un effet propre au produit.
Ce qu'il faut regarder en rayon
- La quantité de protéines pour 100 g et par portion : une barre de 35 g à 30 % de protéines n'apporte que 10 g.
- Les calories et les sucres : un produit riche en protéines peut rester très sucré, surtout parmi les barres et les céréales.
- Le prix des 20 g de protéines, que nous calculons sur chaque fiche : c'est la meilleure façon de comparer un skyr, une poudre et une barre.
Sources
- Règlement (CE) n° 1924/2006 du Parlement européen et du Conseil concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires, annexe.
- Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires.
- Règlement (UE) n° 432/2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées.